mardi 8 mars 2016

Le 8 mars...

Le 8 mars, journée internationale de la femme... J'ai toujours l'impression que c'est risqué pour un homme de s'aventurer sur ce thème, surtout que l'existence même d'une telle journée sous-entend (presque) que les 364 autres - les 365 autres en 2016 - appartiennent aux mâles de l'espèce humaine…

De fait, à bien y penser, je crois n'avoir jamais signé de billet «du 8 mars» auparavant…

Alors voici… Notre principe de droit le plus important, me semble-t-il, reste et restera celui qui consacre l'égalité de tous les humains, femmes et hommes… Ce principe constitue le fondement sur lequel tous les autres droits juridiques s'établissent. Et cette égalité est enchâssée dans nos lois constitutionnelles, tant à Québec qu'à Ottawa. Elle ne peut et ne doit, d'aucune façon, être remise en question, du moins dans les institutions publiques.

Dans la vie privée, des droits comme la liberté d'expression et de religion permettent malheureusement à des organisations et à des individus de traiter les femmes en inférieures. Elles sont souvent moins bien rémunérées en milieu de travail. Elles n'ont pas accès aux postes supérieurs dans certaines hiérarchies religieuses, y compris l'Église catholique. Et dans certaines cultures patriarcales, elles restent soumises - par le comportement, par la tenue vestimentaire - aux ordonnances des hommes.

En attendant de pouvoir contester un jour ces odieuses situations sur les plans législatif et judiciaire, jusque dans la sphère privée, on pourrait tout au moins exiger que l'État et l'ensemble de l'appareil public et parapublic (bureaux, écoles, établissements de santé, etc.) respectent scrupuleusement l'égalité de l'homme et de la femme. J'ajouterais que les médias, comme chiens de garde des droits, ont également leur part de responsabilité publique en matière d'égalité.

Au risque d'être taxé d'islamophobe (ce dont je me fiche éperdument), revenons une énième fois sur le voile musulman... sous toutes ses coutures (foulard, hijab, tchador, niqab). On aura beau répéter que le fait d'être voilée constitue un choix tout à fait libre, je n'en crois rien. La majorité des musulmanes qui se voilent se conforment aux ordonnances de chefs religieux mâles ou de leurs maris ou pères… C'est, de l'avis général, un signe évident de soumission et d'infériorité des femmes.

N'allez pas me faire croire que sur une plage, l'été, pendant que l'homme et les enfants en costume de bain se rafraîchissent à l'eau, qu'une mère voilée et suant à grosses gouttes s'amuse sous sa chasuble médiévale en pleine canicule… Ou que des fillettes préadolescentes vont tout à coup, librement, sans pression, décider de se couvrir les trois quarts de la tête d'un foulard ou d'un hijab…

Évidement, dans le contexte juridique actuel, on peut sympathiser avec ces victimes d'une culture qui fut aussi la nôtre jusque dans un passé relativement récent… mais guère plus. Par contre, l'État, les institutions publiques et les médias peuvent - et doivent - tout au moins adopter des comportements qui n'ont pas pour effet de légitimer ou d'encourager ces agressions envers l'égalité et la dignité des femmes.

Permettez-moi d'offrir quelque exemples. Dans ses pages Web d'accueil aux réfugiés syriens, Patrimoine canadien montre l'arrivée d'une famille où la mère et la fille adolescente sont voilées. Il me semble, comme ministère public d'un pays où l'égalité des sexes est constitutionnalisée, qu'on devrait se faire un devoir de présenter en photo une famille où la femme est traitée en égale, et non en inférieure… Et j'en ai vu des photos de réfugiés syriens où les femmes ne portaient pas le voile d'infériorité.

Image du site Web de Patrimoine canadien

J'adresserais ce commentaire aussi aux médias, qui devraient savoir à quel point leurs choix d'images ont une influence sur le public lecteur. Une présentation positive, à la une, de femmes portant le voile constitue un choix idéologique autant qu'un choix d'information. Je ne propose pas de censurer toute image de voile, mais il faut garder à l'esprit que l'effet n'est jamais neutre, et que les médias exercent un pouvoir appréciable sur l'opinion publique. Le quotidien Le Droit a même permis à l'une de ses journalistes, musulmane, de travailler en portant son hijab et présenté ses articles avec photo d'elle en hijab… Aurait-il permis à l'un de ses journalistes de couvrir l'actualité, disons une conférence de presse d'athées, avec un crucifix ostentatoire au cou? 

Ça c'est de la propagande pour le voile...

Et que dire d'une université, centre de haut-savoir qui devrait faire la promotion des plus hautes valeurs de civilisation, au premier chef l'égalité de tous les humains? Que dire quand telle université - l'Université d'Ottawa en l'occurrence - présente une publicité institutionnelle dans laquelle elle propose la photo d'une jeune diplômée portant un hijab? Les autorités universitaires se sont-elles au moins demandé si, ce faisant, elles ne contribuaient pas à légitimer des pratiques ayant pour effet d'inférioriser la moitié de l'humanité? Ou est-on collé contre l'arbre rose nanane multiculturel au point de ne plus voir la forêt de l'égalité?

Une pub récente de l'Université d'Ottawa...

La morale de cette histoire? La lutte pour l'égalité des femmes dure depuis la nuit des temps. On arrive finalement, du moins dans notre coin d'Occident, à une constitutionnalisation de l'égalité des hommes et des femmes, base juridique permettant de poursuivre à d'autres niveaux le combat que livrent des millions de femmes sur cette planète désespérante. En attendant de pouvoir enfin crier victoire, me semble que l'on moins qu'on puisse attendre de nous, c'est de ne pas faire obstacle à cette égalité en pavoisant de signes d'infériorité de la femme nos pubs et nos «unes» de journaux… C'est peu demander…





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